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Etudes à l'étranger. Commerce, management, gestion : formations, pays, meilleures universités ou écoles

Intégrer l’internationalisation des entreprises dans leur cursus, c’est l’objectif des Business Schools françaises. Qui vont même jusqu’à externaliser leurs formations en ouvrant des «filiales» à l’étranger.
Impossible d’envisager de suivre un cursus dans une école de commerce sans être confronté à l’international. Les établissements multiplient les accords avec les universités étrangères pour y envoyer leurs étudiants ou avec des entreprises pour des stages hors de nos frontières. Ils rivalisent également d’originalité en mettant en place des doubles-diplômes ou en montant des cursus binationaux. Pour autant, même si, dans 80 % des écoles, les étudiants doivent effectuer un séjour hors de France, le degré d’internationalisation de la scolarité varie fortement selon les établissements.

Classique, l’échange universitaire
Pas une école qui ne propose à ses étudiants d’aller étudier dans une université à l’étranger, pour une durée entre trois mois et deux semestres. Les deux tiers des établissements obligeant les étudiants à effectuer un séjour hors de France imposent d’ailleurs ce type d’échange académique. Il permet à l’étudiant de découvrir d’autres méthodes d’enseignement. Il constitue une expérience indispensable pour accéder à la connaissance d’autres cultures, d’autres modes de pensée en plus des acquis linguistiques essentiels. Un plus indéniable dans le parcours de formation dès lors que ces acquis sont reconnus et évalués.

Les destinations à favoriser
«Ceux qui parlent peu anglais ont tout intérêt à se diriger vers un pays anglophone», conseille la chargée des relations internationales à l’Essca (Angers). D’ailleurs, les États-Unis et le Canada restent les destinations les plus demandées. De même que les pays nordiques, où les cours sont assurés en anglais. Business oblige, tous les pays émergents sont aujourd’hui très prisés.
«On incite actuellement nos étudiants à se diriger vers la Chine ou l’Inde», affirme Jean-Louis Scaringella, directeur général de l’ESCP-EAP.
Et si vous êtes passionné par un pays ou une culture, certaines écoles proposent des échanges plus inattendus. L’Essca peut vous envoyer dans une université aux Philippines ou en Malaisie, l’Essec (Cergy-Pontoise) en Turquie, tandis qu’Audencia (Nantes) propose de vous inscrire au Laos ou en Corée du Sud.

Accords : surveillez la qualité
Mais le nombre d’accords affiché par une école (certaines en comptent une centaine) ne garantit en aucun cas la qualité de ces programmes.
Avant de choisir, vous devez impérativement vous informer sur l’université partenaire, vérifier si elle possède les labels Equis ou AACSB, délivrés par deux institutions internationales d’évaluation. Et contrôler que les établissements ne sont pas seulement membres de ces institutions, mais bel et bien accrédités par elles.
«Ce sont des sésames qui ga-rantissent la qualité des cours, des enseignants et la reconnaissance de la formation à l’international», explique Valérie Bouchet, de Bordeaux École de management, dont 85 % des universités partenaires sont accréditées.
Il convient également de s’assurer de l’adéquation des enseignements avec votre formation. Les écoles ne sont pas des agences de voyages : «Si on sait à peine ce qui se passe dans les cours à l’étranger, cela devient du tourisme managerial», souligne le directeur de l’ESCP-EAP.
Bref, rien ne se choisit au hasard : «On identifie la spécialité de chaque université partenaire pour orienter les étudiants dans leurs choix, explique le directeur de l’EM-Lyon. Il faut que le séjour plébiscité puisse être justifié devant un recruteur.»

Double diplôme : le must
La Rolls Royce de l’échange universitaire, c’est le double diplôme. Réservé à environ 10 % des étudiants, la formule consiste à obtenir le diplôme de l’école et celui de l’université partenaire. Une formule prisée des entreprises. «C’est un atout considérable de posséder le diplôme d’un pays dans lequel on veut travailler», remarque Valérie Bouchet.
Le recruteur y voit également une garantie que le jeune connaît véritablement la culture et la langue du pays. «Mais, surtout, cela atteste de la qualité de la formation, explique Martine Froissart, directrice du Cesem Reims. Cela signifie qu’il y a un véritable contrôle mutuel entre les deux établissements.» Dans cette école post-bac, tous les élèves décrochent un double diplôme, et passent deux années complètes à l’étranger. L’école qui a poussé à l’extrême la formule, c’est ESCP-EAP : plus de la moitié des étudiants choisissent la «filière européenne» qui permet d’étudier sur des campus à étrangers et d’obtenir les diplômes locaux. Évolution récente : certaines écoles délivrent des diplômes «conjoints». Vous obtenez un diplôme créé de toutes pièces par les deux établissements (ex. : le MBA Essec/université de Mannheim).

Les stages à l’étranger
Près du tiers des écoles ayant une obligation de séjour à l’étranger, imposent à la fois un séjour et un stage pour une expatriation de six et quinze mois. Parfois, ce stage intervient dès la 1re année, comme à l’EM Lyon. «C’est l’occasion de réaliser un projet personnel avant de se spécialiser, explique Valérie Jobard, de l’EM-Lyon. Après deux années de prépa, cela permet d’acquérir de l’autonomie. Tous les élèves en reviennent métamorphosés.» L’Essec propose même une formule alliant apprentissage et expatriation : une partie du stage se déroule en France, le reste dans une filiale de l’entreprise à l’étranger.
Grenoble École de Management organise, elle, un projet «tour du monde» : chaque année, quinze étudiants partent neuf mois sur cinq continents et financent leur projet en réalisant des études de marché pour le compte d’universités et d’entreprises. Bref, les écoles rivalisent d’ingéniosité pour faire travailler leurs étudiants hors de France.

Le campus français à l’étranger

Enfin, depuis quelques années, les écoles françaises ouvrent des «antennes» un peu partout dans le monde, permettant ainsi à leurs étudiants de s’expatrier quelques mois tout en restant dans l’établissement. L’Essec envoie ainsi des étudiants dans ses locaux de Singapour, dans le cadre de sa filière de management asiatique. «On organise aussi des cours de culture générale, de mandarin et des visites d’entreprises de la région», explique l’ex-directeur des études, Nicolas Mottis. Avantage : la continuité de la formation, tout en étudiant dans un autre cadre. Inconvénient : on est beaucoup moins en contact avec la culture et la population du pays que lors d’un échange universitaire.

SUR LE WEB

VU DU TERRAIN
Julie, élève au Cesem Reims, deux ans en Espagne.

«J’ai passé trois semestres en cours à Madrid, puis six mois chez le constructeur automobile Alfa Romeo. Quand je suis rentrée, j’étais bilingue. Je pensais et rêvais en espagnol ! Et puis à force d’avoir des petites «galères» quotidiennes, comme trouver un appartement du jour au lendemain, je suis devenue plus débrouillarde. Et alors qu’avant j’étais plutôt du genre
timide et angoissée, je suis maintenant présidente du BDE . Je n’aurais jamais osé deux ans plus tôt !»

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