S’il est un secteur où l’expatriation s’impose, c’est bien dans les filières
de langues. La fac reste encore en retrait, mais les écoles d’interprétariat-traduction, très en pointe, ont noué depuis longtemps des contacts à l’étranger.
Suivre une filière d’enseignement supérieur axée tout ou partie sur les langues étrangères, c’est assurément partir à l’étranger à un moment ou à un autre de ses études.
En LLCE, séjoursconseillés
Deux cursus s’imposent en filière langues : Langues, littérature et civilisations étrangères (LLCE) et Langues étrangères appliquées (LEA). Le premier destine plutôt à l’enseignement, le second à une carrière en entreprise. Les exigences de séjour à l’étranger ne sont donc pas les mêmes. En LLCE, rien n’est obligatoire. Néanmoins, il est conseillé de compléter votre formation par un ou plusieurs séjours à l’étranger. Destiné aux futurs enseignants, le programme Comenius leur permet, en
3e année de licence, d’être assistants à l’étranger. Le voyage en vaut la chandelle. «Je suis partie huit mois près de Liverpool après ma licence, raconte Alice, jeune professeur d’anglais à Maubeuge. Le fait de travailler avec des enfants et de baigner dans la langue m’a décidée à passer le Capes.»
Nombreux sont les candidats qui s’inscrivent au concours directement après la licence. «Alors qu’il est indispensable d’aller enrichir leurs connaissances sur place», estime Brian Wallis, directeur de l’UFR de Langues à l’université de Strasbourg.
En LEA, c’est quasi obligatoire
En LEA, et plus généralement dans toutes les filières professionnelles fondées sur une double compétence, le séjour à l’étranger est indispensable voire même obligatoire pour valider la licence. Complété souvent par un stage dans une entreprise à l’étranger : « C’est l’occasion pour l’étudiant de préciser ses envies, affirme Andrew Rossiter, directeur de la filière LEA à l’université de Franche-Comté. En master, il arrive même que l’essai se transforme en proposition d’embauche.»
En école de langues : séjours et stages
Ces écoles formant aux métiers de la traduction et de l’interprétation sont peu nombreuses (les plus renommées sont l’Isit, l’Inalco, l’Esit ou l’Estice) mais souvent d’une exigence implacable quant au niveau de langue requis. Toutes ont intégré dans leur cursus des séjours ou stages obligatoires à l’étranger,
de deux à six mois dans
une université partenaire ou une entreprise. Pour Marie Meriaud-Brischoux, directrice de l’Institut supérieur d’interprétation et de traduction (Isit), c’est une priorité : «Nous avons des accords avec une soixantaine d’établissements universitaires partout dans le monde. Chaque année, des élèves partent, par exemple, en stage au siège new-yorkais de l’ONU. Nous travaillons aussi avec le Comité international olympique qui accueille régulièrement des étudiants pour la préparation des jeux.»