Le LMD : l’université à l’heure européenne
Pour poursuivre ses études dans un des pays de l’UE, il faut bien connaître le LMD. Depuis huit ans, les universités françaises ont adopté trois grands niveaux de diplômes (appelés grades) : à bac + 3 (la licence), à bac + 5 (le master) et à bac + 8 (le doctorat). Le système a vocation à s’étendre à l’ensemble des universités européennes.
Semestres et créditsLes études sont désormais dé- coupées en semestres : six pour la licence, quatre supplémentaires pour le master (qui remplace à la fois la maîtrise et les anciens DEA et DESS), puis de nouveau six semestres pour le doctorat. Autre nouveauté : le décompte des enseignements en crédits ECTS (European Credit Transfer System).
Il faut 30 crédits par semestre, soit 180 crédits pour la licence, 120 de plus pour le master et encore 180 pour le doctorat. Ces crédits sont théoriquement transférables d’une université à l’autre.
Un système facilitant les échanges à l’étrangerDésormais, il sera théoriquement possible de créditer son premier semestre en France, avant de poursuivre son cursus en Espagne ou en Allemagne, et de postuler ensuite pour un master au Royaume-Uni ou en Suède.
Le système LMD permet, en effet, de transférer ses crédits à l’étranger.
Même si des masters jumelés avec des facs étrangères commencent à se multiplier, notamment dans les facs de sciences, cette mobilité est difficile pour l’instant, tous les pays n’ayant pas appliqué la réforme.
Les programmes d’échanges : l’étranger en toute sérénité
De nombreux programmes d’échanges ont été développés avec les écoles ou les universités. Ils permettent de partir étudier à l’étranger en toute tranquillité.
Programmes européens
En France, les programmes d’échanges européens sont gérés par l’Agence Socrates-Leonardo Da Vinci. Elle assure la promotion de l’ensemble des dispositifs de mobilité étudiante.
Erasmus
C’est le plus célèbre des programmes d’échanges. Depuis sa création en 1987, il a permis à plus de 1,5 million d’étudiants d’effectuer une partie de leur cursus à l’étranger.
Actuellement, 2200 établissements (dont 439 français) font partie du réseau, soit 87 % des universités européennes.
– Pour pouvoir prétendre au programme, il faut être inscrit dans un établissement du réseau et être en 2e année d’études supérieures.
– Avec Erasmus, il est possible de partir dans pratiquement toute l’UE ainsi qu’en Islande, au Lichtenstein, en Norvège, en Turquie, en Bulgarie, en Roumanie.
– Outre la gratuité des droits d’inscription dans l’université d’accueil, vous pouvez bénéficier d’une allocation d’environ 120 e par mois, qui peut être complétée par une aide de 40 e par mois (du ministère de l’Éducation nationale).
Erasmus Mundus
Depuis 2004, Erasmus Mundus soutient la création de masters internationaux. Pour être labellisés, ces masters doivent impliquer au moins trois établissements universitaires de trois États différents de l’UE et ainsi que des établissements de pays tiers, soit tous les autres pays du monde. Une soixantaine de masters européens sont déjà en place. Accessibles donc à bac+3.
Comenius
Conçu pour les étudiants en langue qui souhaitent devenir enseignants, ce programme leur permet, lorsqu’ils sont en 2e cycle, d’être assistants à l’étranger. Chaque assistant reçoit une bourse qui l’aide à couvrir les frais de mobilité liés à l’assistanat (voyage aller-retour, frais de séjour...) d’un montant variant de 450 à 700 e par mois selon la destination choisie.
Leonardo
Le programme Leonardo permet aux étudiants des domaines techniques et scientifiques (y compris les BTS) d’effectuer un stage en entreprise à l’étranger allant de dix-sept à cinquante-deux semaines. Pour que le stagiaire puisse bénéficier de l’indemnité, son établissement doit passer un accord avec une entreprise du secteur technologique.
Face (Formation au commerce extérieur)
Le programme concerne les étudiants en commerce. Lancé en 1987 par le ministère du Commerce extérieur et coordonné par la Fnege (Fondation nationale pour l’enseignement de la gestion en entreprise), il attribue des bourses de stage dont le montant est plafonné à 2 300 e.
Programmes hors Europe
La convention Crepuq (Conférence des recteurs et des principaux des universités du Québec) permet à tout étudiant étranger inscrit dans un établissement partenaire d’effectuer un semestre ou une année complète au Québec. 130 universités et écoles françaises ont des accords dans le cadre de ce programme. Dans le dossier d’inscription, vous devez sélectionner trois établissements par ordre de priorité.
Avant le départ, vous devez aussi établir une liste des cours suivis outre-Atlantique et la faire valider par votre UFR ainsi que par l’université d’accueil. La convention ne prévoit pas de bourse spécifique.
Isep (International Student Exchange Program)
Ce programme associe une centaine d’universités et de collèges américains à une vingtaine d’établissements d’enseignement supérieur français.
Chaque étudiant intégrant le programme doit verser à son université un forfait destiné à couvrir les frais de logement et de nourriture de l’étudiant qui le remplace. La priorité est donnée à tous les étudiants de 2e ou 3e année de licence ayant passé le Toefl.
Micefa (Mission interuniversitaire de coordination des échanges franco-américains)
L’association gère les échanges d’étudiants pour une quinzaine d’établissements français (dont une douzaine d’universités parisiennes). Réservé aux étudiants en sciences humaines et sociales, médecine, pharmacie, sciences et technologies, ce programme permet d’effectuer un séjour d’études ou de recherche d’une durée d’un ou deux semestres dans plus de 80 universités américaines. Accessible à partir du 2e cycle.
AUF (Agence universitaire de la francophonie)
Fondée à Montréal, l’AUF promeut la coopération entre les 656 universités et instituts de recherche francophones. Pour ce faire, l’AUF a développé plusieurs actions et attribue notamment des bourses d’études et de recherche.
Programme Alfa
Créé par l’UE, le programme Alfa soutient le développement des relations entre les universités de l’UE et l’Amérique latine. Les échanges doivent permettre de multiplier les projets communs. C’est dans ce cadre que des bourses d’études sont accordées. Renseignements auprès du service de relations internationales de votre université.
Study abroad
Actif dans toutes les universités australiennes, le programme Study abroad permet aux étrangers d’étudier un semestre ou deux sur un campus australien. Les frais d’inscription sont à votre charge mais le programme prévoit des bourses jusqu’à 4 000 e par semestre. Accessible au niveau undergraduate (équivalent à notre 1er cycle universitaire), Study abroad ne permet pas d’obtenir un diplôme australien, mais vous pourrez faire valider les cours suivis à votre retour.
Les bourses : pour financer votre séjour
Les études à l’étranger coûtent cher. Heureusement, il existe des solutions pour vous aider à financer votre voyage si vous êtes refusé(e) aux programmes d’échanges.
Les aides gouvernementales- Bourses de l’enseignement supérieur
Si vous bénéficiez déjà d’une bourse sur critères sociaux en France, vous pouvez continuer à la toucher une fois à l’étranger. Pour cela, vous devez signaler votre départ au Crous l’année précédant le départ.
- Bourses du ministère des Affaires étrangères
Les deux principales bourses à destination des étudiants sont les bourses Lavoisier et les bourses bilatérales.
– Les bourses Lavoisier s’adressent au moins de 36 ans présentant des projets de recherche pré ou post-doctoraux et souhaitant partir étudier à l’étranger par leurs propres moyens. Elles sont accordées pour cinq à douze mois.
En 2005, 210 lauréats en ont bénéficié.
– Les bourses bilatérales concernent des séjours d’études (niveau master) et de recherche, mais aussi linguistiques (niveau Licence 2 minimum dans la langue étudiée), allant de un à douze mois. Selon les cas, l’aide du pays d’accueil se traduit par une prise en charge directe (billets d’avion, logement, voire repas), le versement d’une allocation ou la combinaison des deux formules. En 2005-2006, 600 étudiants ont pu profiter de ce coup de pouce.
Les aides des collectivités territorialesLes aides des conseils généraux, régionaux et des mairies peuvent varier de 75 à 380 e par mois. La plupart viennent en complément d’autres bourses.
Les aides privées
Certaines fondations, comme la Fondation Rotary International ou la fondation Marcel Bleustein-Blanchet, offrent des bourses aux jeunes souhaitant effectuer un an d’études dans un pays ou la fondation est représentée.
Les bourses étrangèresSi vous partez étudier à l’étranger hors programme d’échanges, vous pouvez bé- néficier d’une aide financière du pays d’accueil. Ainsi la Grande-Bretagne, offre des bourses d’études sur critères sociaux, voire le remboursement des tuition fees (frais d’inscription) plus onéreux qu’en France.
En Allemagne, l’Office allemand d’échanges universitaires (DAAD) propose divers types de bourses, à condition de se soumettre à un test de langue...