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Etudes à l'étranger. Ecoles d'ingénieurs : formations, pays, meilleures universités ou écoles

Leurs ingénieurs étant appréciés dans le monde, les écoles françaises draînent nombre d’étrangers : Chinois, Maghrébins, Sud-Américains... De futurs partenaires en perspective.
Depuis dix ans, les écoles d’ingénieurs ont accéléré leur développement international sous l’influence de Socrates, le programme européen. Avec certes un temps de retard sur leurs homologues du commerce, mais elles se sont bien rattrapées. Pour preuve, des Écoles centrales aux Instituts nationaux de sciences appliquées (Insa), en passant par les Universités technologiques de Troyes (UTT) et de Compiègne (UTC), quasiment toutes les écoles envoient leurs élèves passer un semestre ou plus dans leurs universités partenaires de par le monde, mais accueillent aussi les étudiants étrangers à bras ouverts. Aujourd’hui, un élève sur cinq au moins est de nationalité étrangère.
En 2003-2004, les 144 écoles d’ingénieurs membres de la Conférence des grandes écoles (sur 226 habilitées par la Commission des titres d’ingénieur) comptaient 16 491 étudiants étrangers dans leurs rangs, soit 18,49 % des effectifs. C’est un peu moins que les écoles de management qui affichent quelque 24,02 %, mais pourtant remarquable !

Les raisonsde l’expatriation
Ces étudiants étrangers viennent, bien sûr, de l’Europe entière. Mais les écoles dénombrent énormément d’étudiants en provenance du Maghreb, d’Amérique du Nord, d’Amérique du Sud, et, de plus en plus, de Chine. En tout, pas moins de 138 nationalités ont été répertoriées par la Conférence des grandes écoles. Ce qui les attire ? «Le choix de la France est difficile à résumer, répond Brigitte Porée, attachée aux relations internationales au sein de cette structure. Disons un peu schématiquement que pour les étudiants maghrébins, c’est la proximité de l’Europe et l’histoire colo­niale qui motivent ce choix. Les Européens profitent du programme Erasmus qui facilite les échanges. On sait que les Sud-Américains se sont un peu détournés de l’Amérique du Nord au profit de l’Europe depuis 2001. En outre, des programmes tels que Brafitec (pour le Brésil), et son équivalent pour le Mexique ont amené ces étudiants en nombre accru en France. D’une manière générale, l’ingénieur français a bonne presse et est reconnu pour sa compétence scientifique et technique.»
Depuis deux ou trois ans, les jeunes Chinois affluent aussi dans les écoles françaises. Triés sur le volet, ce sont les meilleurs qui font le voyage. Un vent nouveau dont tirent profit les deux parties : «La demande de la Chine qui manque encore d’universités pour former tous ses étudiants coïncide avec des décisions politiques du ministère des Affaires étrangères français qui favorise les échanges. En effet, sur le plan économique, la Chine devient un parte-naire incontournable», explique Sonia Gandolfi, du Comité d’études sur les formations d’ingénieurs (Cefi).

De futures collaborations fructueuses
Car il faut le reconnaître : l’arrivée de ces étudiants étrangers est aussi tout bénéfice pour la France. D’abord parce que leur présence favorise l’ouverture sur le monde –les partenariats entre universités fleurissent. Ensuite, par la promotion qui est faite du diplôme français (et de la culture française) par les étrangers de retour chez eux.
Sans oublier, c’est peut-être le plus important, que les amitiés qui se nouent peuvent déboucher quelques années plus tard sur des collaborations professionnelles fructueuses.
Du côté des écoles, c’est l’enthousiasme général, que ce soit chez les enseignants ou chez les étudiants français. Tout le monde semble ravi de ce petit air cosmopolite. Semaines internationales en début d’année où chacun présente ses cuisines et ses traditions, tandem linguistique (entre étudiants de langues maternelles différentes) pendant les cours d’anglais et de français, rencontres sportives entre universités partenaires, les Insa de Lyon, Toulouse, ou encore de Nantes ont même créé des classes mixtes dans leur programme «Asinsa» et «Norginsa» où certaines promotions sont composées pour moitié d’étudiants français, l’autre moitié étant chinoise ou norvégienne.
«Parfois, il faut un peu forcer les choses pour que les élèves se mélangent, explique Bernard Bourret, directeur des études à l’Insa de Toulouse. C’est pour cela que l’on impose les groupes de travail mixtes. Quant à enseigner dans un établissement où se côtoient 45 nationalités, cela oblige à faire des efforts sur les documents que l’on présente (ils doivent clairs, pas trop chargés) et sur notre élocution qui doit être la meilleure possible.» Sans oublier que cela oblige les écoles à adapter leur organisation : semestrialisation, évaluation en crédits ECTS, cours en anglais, etc.

S’ouvrir sans partir
Pour les étudiants français, côtoyer des jeunes Chinois, Espagnols, Suédois... c’est un plus. « Notamment pour les étudiants qui ne partent pas (c’est souvent le cas des étudiants en apprentissage, NDLR)», ajoute Brigitte Porée. Une ouverture à d’autres cultures qui semblent plaire au plus grand nombre. Pour preuve : «À l’École polytechnique, où on a la chance d’être payé par l’État, on se cotise chaque année pour offrir des bourses aux étudiants étrangers, rapporte Antoine Lafargue, étudiant en dernière année à l’«X». Les promotions sont composées à 20% d’étudiants étrangers, et ça se passe très bien. D’ailleurs, beaucoup de couples mixtes se forment... et tiennent. »
Checklist
D’où viennent les étudiants étrangers?

1- Maroc : 2248
2- Algérie : 1225
3- Tunisie : 1154
4- Espagne : 1149
5- Chine : 1011

Source : Conférence des grandes écoles, classement issu de l’enquête 2005 (menée sur l’année 2003-2004) auprès des écoles d’ingénieurs membres, soit 144 sur 226 habilitées
par la Commission des titres d’ingénieur.

SUR LE WEB

  • www.cge.asso.fr Le site de la Conférence des grandes écoles.
  • www.cefi.org Le site du Comité d’études surles formations d’ingénieur (Cefi).
  • www.cdefi.fr Le site de la Conférence des directeurs des écoles françaises d’ingénieurs (Cdefi).
VU DU TERRAIN
Julien, 3e année à l’Insa Toulouse.

«Certains cours sont difficiles pour les étrangers. Il y a d’abord la barrière de la langue, bien sûr, mais il existe aussi des décalages au niveau de l’apprentissage. Les Américains, par exemple, abordent les mathématiques comme un outil pour résoudre un problème technique. Chez nous, c’est l’inverse : on commence par la théorie avant les applications. On profite de leurs questions, ils pensent à des détails qui nous avaient échappé, c’est enrichissant pour nous aussi.»
Antoine, 4e année de l’École polytechnique, Paris.

«Une fois par mois, on organise une soirée à thème autour d’une culture. À chaque fois, on se retrouve autour de plats typiques. Il y a des danses, des chants, des films. Et même la levée de drapeau hebdomadaire se décline à l’internationale : quand elle a lieu le même jour qu’une fête nationale d’un autre pays, un des élèves qui représente ce pays nous fait un discours, un petit déjeuner est organisé, c’est super sympa !»
Temoignage_puceTEMOIGNAGES (0 témoignages)
 








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