Phosphore
Rechercher:
Inscrivez-vous gratuitement au site Déjà inscrit(e) ?
Cc_dc

Michel Fender (Ecole Nationale des Ponts et Chaussées, Paris)

Michel Fender, professeur à l'Ecole Nationale des Ponts et Chaussées, président du département Management industriel.

Quel est le profil des étudiants qui intègrent votre formation ?
Nos étudiants sont avant tout des scientifiques qui ont fait preuve de leur excellence dans les disciplines de base comme les maths et la physique. On entre à l’école des Ponts et Chaussées via le concours commun « Mines-Ponts », destiné aux élèves de Math Sup / Maths Spé. D’autres voies d’accès sont possibles, mais toujours de nature scientifique : un profil littéraire est rédhibitoire. Néanmoins - et les candidats doivent en avoir conscience -, les qualités scientifiques ne sont pas suffisantes. Il faut également posséder une très bonne culture générale, avec une large ouverture d’esprit. La philo et le français jouent donc un rôle essentiel, tout comme les langues étrangères. Les élèves doivent être capable de bien s’exprimer, à l’écrit comme à l’oral.

Le niveau d’exigence est-il élevé ?
Oui, mais le monde professionnel est aussi très exigeant. Aujourd’hui nos ingénieurs partent travailler dans des secteurs complexes et variés, dans lesquels interviennent de nombreuses variables. Si je prends pour exemple la construction d’un site de production, il n’y pas seulement la dimension technique à prendre en compte. Il faut aussi penser à l’architecture. Et puis aux économies d’énergie. Sans oublier le management des personnes impliquées dans le projet… Les élèves qui vont vraiment « percer », ceux qui vont accéder à des postes à responsabilité, sont ceux qui ont à la fois misé sur leur capital scientifique et qui ont intégré cette dimension de « management ».

Les étudiants qui se présentent au concours de l’Ecole Nationale des Ponts et Chaussées sont-ils bien préparés à cette réalité ?
Certains le sont, d’autres beaucoup moins. Au lycée, puis en classe prépa, les élèves font des exercices à longueur de journée. Mais, qu’est-ce qu’un exercice ? C’est un problème déjà formalisé. Or la vie réelle, ça n’est pas cela. Dans la vie réelle, il faut formaliser soi-même les problèmes. Quand ils prennent conscience de cela, certains de nos étudiants sont en difficulté. Ils ont du mal à passer d’un monde scolaire, où tout est déterminé, certain, organisé, à un monde où tout est à construire, à inventer, sans passer par les recettes de cuisine qu’on trouve dans les livres de maths et de physique. En d’autres termes, ils ont du mal à entrer dans la « vraie vie ».

Comment combattre ce défaut ?
La première chose à faire, dès le lycée, c’est de miser sur la culture générale. Et puis, en parallèle, de ne pas hésiter à se lancer dans des projets personnels. Les élèves les plus intéressants, pour nous, sont ceux qui à 21 ou 22 ans ont déjà un CV qui sort du lot. Ceux qui sont partis deux mois en Thaïlande avec une ONG, ceux qui ont fait un « summer camp » en Europe... Le CV standard, terminale S dans un très bon lycée puis Math sup / Math spé dans une très bonne prépa, c’est beau, c’est très beau même. Mais à côté, s’il n’y a rien, c’est un peu inquiétant.

Faut-il prendre, très tôt, le « taureau par les cornes » ?
Oui. Mais, à mon avis, c’est aussi une responsabilité parentale. Certains parents, pendant les vacances d’été, poussent leurs enfants à travailler, que ce soit à Mac Do ou à La Redoute. A mon avis, ça a du sens. Cela permet de se rendre compte que tout n’est pas comme à l’école. Dans la vie professionnelle, il y a d’autres règles, d’autres codes, d’autres problèmes.

Avez-vous un conseil particulier à donner aux lycéens intéressés par les écoles d’ingénieurs ?
Surtout, ne pas négliger le développement personnel pendant la préparation des concours. Il faut pouvoir dégager du temps pour soi : faire du sport , faire de la musique, c’est important. Ça participe de l’équilibre personnel. Or l’objectif, in fine, c’est d’intégrer des postes dans lesquels le stress est omniprésent. Il faut donc être fort, mentalement. Etre capable de garder cette distance, de faire face à une charge de travail très forte, c’est souvent ce qui fait la différence à la fin.

Plus d'infos

Temoignage_puceTEMOIGNAGES (0 témoignages)
 










ESPACE abonnés

POUR LES ABONNES AU MAG
> la bibliothèque numérique du lycéen
> 10 vidéos à télécharger sur PC
Pour en profiter, connectez-vous à l'espace abonnés.

+ LES BONUS ABONNES DU MOIS
> Voir tous les bons plans...
Les + consultés
métiersformationsétablissements
  • Soigner et sauver

    Infirmier

    Technicien des actes médicaux, mais aussi nounou, psy et confident, il est un lien précieux entre médecins et patients. On en manque...

  • Accueillir et communiquer

    Journaliste

    À lui d’éveiller notre curiosité et de développer notre esprit critique ! Sous cette dénomination se cachent plusieurs métiers.

  • Faire du business

    Agent immobilier

    Légèrement modifiée depuis l’arrivée d’Internet, la profession reste incontournable pour l’essentiel des transactions.

  • Vivre au grand air

    Vétérinaire

    Ce «médecin des animaux» peut aussi travailler dans la recherche, pour l’industrie pharmaceutique ou agroalimentaire.

  • Soigner et sauver

    Masseur-kinésithérapeute

    Des actes à but thérapeutique, de confort ou esthétique : la panoplie du kiné se sophistique de plus en plus.

  • Travailler avec des jeunes

    Professeur des écoles

    La pédagogie, l’envie de transmettre aux enfants vous font vibrer. L’Éducation nationale vous accueille à bras ouverts.

  • Faire du business

    Administrateur des ventes

    Garant de la satisfaction du client, il maîtrise chaque étape de la vente et l’après-vente. Un rouage essentiel de l’entreprise.