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Ingrid Bouisset (Institut national supérieur de l'Immobilier, Toulouse)

Ingrid Bouisset, 21 ans, étudiante en 3e année à l’Institut National Supérieur de l’Immobilier à Toulouse

Quels sont les critères objectifs qui aident à se décider, au lycée, pour une formation dans l’immobilier ?
Il faut aimer le relationnel et bien entendu s’intéresser à la filière. Après, il y a des facteurs plus personnels qui entrent en jeu. En ce qui me concerne, j’adorais l’architecture : la conception des maisons, l’agencement des appartements… tout cela me passionnait. Pourtant, je ne souhaitais pas devenir architecte, car les aspects techniques du métier me rebutaient. A l’issue de ma terminale scientifique, je me suis donc tournée vers l’immobilier. Cela me permettait de rester dans le même secteur sans avoir à me plonger dans des données techniques.

Quels sont les profils des étudiants de votre promotion ?
Ils sont très diversifiés. Un certain nombre d’élèves, comme moi, ont fait une terminale S. Mais il y a aussi des étudiants des filières ES, STG et de bacs pro. D’ailleurs, ça se comprend : les matières enseignées à l’INSIM sont pour la plupart des matières nouvelles, en lien direct avec la profession. Le cursus antérieur n’a donc pas beaucoup d’importance. Les portes sont ouvertes.

Comment se passe la formation ? Y a-t-il beaucoup de différences avec le lycée ?
Au niveau du nombre d’heures de cours, c’est moins lourd qu’au lycée. En revanche, il faut être très régulier et savoir travailler de manière autonome, car on a beaucoup de travail à la maison. Durant les trois années de formation, nous avons plusieurs projets à réaliser, des sortes de mise en situation. Cela demande un fort investissement personnel : il faut savoir travailler, parfois, sans compter ses heures, notamment le week-end.

Comment se préparer, dès le lycée, pour réussir ses études dans la filière immobilier ?
Je conseillerais, tout simplement, de s’intéresser au métier. De discuter avec des professionnels, de lire des articles… C’est important, avant de choisir ses études, de savoir vers quoi on se dirige. Ensuite, ceux qui le souhaitent peuvent commencer à travailler l’économie. Avoir des connaissances dans cette matière avant d’intégrer le formation n’est pas indispensable, mais c’est toujours un « plus ».

L’image des agents immobilier, et plus généralement des professionnels de ce secteur, n’est pas toujours très bonne. Cela vous gêne-t-il ?
L’agent immobilier, il est vrai, est souvent perçu comme un arnaqueur. Ce cliché, forcément, me gêne. Je ne vais pas dire que l’arnaque n’existe pas dans la profession, mais il ne faut pas faire de quelques cas isolés une généralité. Car la plupart des gens font bien leur travail, et de manière honnête.

Durant la formation, avez-vous parfois pensé à renoncer ?
Non. En revanche, mon projet professionnel a légèrement évolué au cours de mes études. Aujourd’hui, je me dirige vers la promotion immobilière. C’est un métier qui bénéficie, je pense, d’une meilleure image que celui d’agent immobilier.

Changer de projet professionnel, en cours de formation, c’est donc possible ?
Oui. Et c’est d’ailleurs l’avantage de faire une école. Les BTS préparent souvent au métier d‘agent immobilier et rien d’autre. Après une école, on peut travailler tout aussi bien dans la transaction que dans la promotion ou la construction.

Si vous deviez donner une bonne raison de faire une formation dans l’immobilier, laquelle donneriez-vous ?
Les contacts que cela apporte. Pour se lancer dans l’immobilier, il est indispensable de connaître du monde. Or, durant la formation, la plupart des professeurs sont des professionnels actifs, et nous effectuons de nombreux stages qui nous permettent de mettre un pied dans le monde professionnel. Au niveau relationnel, on a tout ce qu’il faut pour réussir…

Et à l’inverse, une raison de ne pas s’engager dans cette filière ?
Vouloir gagner de l’argent rapidement. Souvent, les gens ont l’impression que dans l’immobilier, on devient riche très vite. En réalité, on peut le devenir, mais pas tout de suite. Les salaires, pour quelqu’un qui commence dans la vie active, sont rarement très élevés. Loin en tout cas des 3 000 ou 4 000 € que certains espèrent gagner. Il ne faut donc pas rêver avec l’immobilier.

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