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Denis Ruellan (IUT Information et Communication, Lannion)

Denis Ruellan, professeur des universités, directeur de l’IUT Information et communication de Lannion (22)

Quel est le profil des étudiants qui intègrent votre formation ?
Le recrutement est assez ouvert. Nos étudiants sont en majorité des élèves issus de bacs généraux, notamment ES, mais il nous arrive aussi de prendre des élèves issus de bacs professionnels, voire des candidats au parcours très atypique. Cela ne correspond pas à la majorité de nos effectifs, bien entendu. Mais, nous sommes très attachés à cette diversité, à cette ouverture. Au final, ce qui nous importe le plus, c’est que les candidats aient un véritable projet professionnel. Et par conséquent, qu’ils aient un projet d’études clair.

Cela signifie-t-il que les candidats doivent connaître le métier exact qu’ils souhaitent exercer au moment d’intégrer l’IUT ?
Cela veut dire qu’ils doivent avoir une idée assez précise de la voie dans laquelle ils s’engagent. Le projet professionnel, bien entendu, pourra varier par la suite. Il ne s’agit pas de signer pour quelque chose de figé. Mais, il faut que les candidats aient bien réfléchi à leur candidature. Qu’ils sachent pourquoi ils tentent l’IUT. Etre dans l’absence de réflexion, cela pose problème car, dès lors, on est moins enclin à profiter de ses études, mais aussi à construire ou transformer son projet professionnel.

Avoir un esprit d’initiative, pour réussir ses études, semble donc indispensable...
Pour intégrer l’IUT, il ne suffit pas de nous dire « j’aime bien les relations avec les autres ». Ça, c’est typiquement une argumentation d’adolescent. Il faut nous prouver, concrètement, que la communication nous intéresse. Montrer qu’on a lu des magazines ou des ouvrages consacré à ce domaine, que l’on a rencontré des professionnels, à l’occasion d’un mini-stage par exemple, et surtout, que l’on a mis en place des projets concrets, dans le cadre de ses études ou bien de ses activités extrascolaires, par exemple.

Les études de communication ont la réputation d’être des filières très féminines. Est-ce un cliché ou une réalité ?
C’est une réalité. Les formations en communication, ces dernières années, se sont terriblement féminisées, comme l’ensemble des formations en sciences humaines et sociales d’ailleurs. Nous aimerions bien, de notre côté, rééquilibrer un peu les choses, car les hommes ont selon nous toute leur place dans les métiers de la communication. Mais, il faut reconnaître que souvent, les étudiantes sont plus matures à la sortie du bac. Et au moment du recrutement, on a du mal à écarter des jeunes femmes solides au profit de jeunes hommes au profil moins convaincant.

La filière communication offre des possibilités de formation nombreuses. Quel est la particularité d’un DUT par rapport à d’autres types de diplôme ?
Tout d’abord, l’IUT est une formation de type universitaire. Les exigences théoriques y sont donc réelles, même si notre formation est parfaitement accessible aux bacheliers technologiques, comme les STG par exemple, qui ont tendance à se tourner uniquement vers les BTS. Ensuite, il s’agit d’une formation courte, et pensée comme telle. A l’issue des deux années d’IUT, un certain nombre d’élèves souhaitent poursuivre leurs études, généralement en licence professionnelle. Ce choix est respectable, surtout depuis la réforme du LMD. Mais, s’engager dans des études de type bac+5 ou bac+6 à l’issue de l’IUT, c’est rarement bon.

Pour quelle raison ?
D’abord parce qu’à l’issue de l’IUT, on est prêt à intégrer le marché du travail. Cela n’a donc pas de sens de retarder outre mesure son entrée sur le marché professionnel. Ensuite parce qu’avec un master, on se retrouve souvent au même poste qu’avec un DUT, qui plus est, avec un salaire égal. Par compte, on prend un retard à l’allumage et son insertion professionnelle n’est pas forcément facilitée, car si le diplôme plus élevé, on est plus vieux… et généralement moins mobile. Pour les entreprises, cela compte aussi.

Quel conseil donneriez-vous donc aux lycéens intéressés par des études en communication ?
C’est de bien réfléchir et se renseigner sur la formation qu’on souhaite suivre. Ne pas hésiter, par exemple, à venir aux journées portes ouvertes organisées par les établissements. Cela peut revenir un peu cher, évidemment, car il faut se déplacer. Mais, c’est une forme d’investissement qui n’est pas absurde : plutôt que de multiplier les candidatures à droite à gauche, il est cohérent de privilégier les quelques formations qui correspondent le mieux à son projet. Et dès lors, de se donner les moyens de les intégrer.

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