Michel Audoin, enseignant et chef de travaux en BTS Bâtiment au Lycée des Métiers du Bâtiment de Felletin (23)
Quel est le profil type des élèves qui intègrent votre formation ?
Nos étudiants, en majorité, proviennent de baccalauréats STI Génie Civil, de baccalauréats professionnels Gros œuvre ou bien de Brevets de Technicien Encadrement de chantier. Mais, nous avons aussi des élèves issus de terminale S, ou bien des étudiants qui se sont inscrits à la fac ou en DUT et qui ont jeté l’éponge, en cours de première année, parce que ce type de formation, trop théorique, ne leur convenait pas.
La porte est-elle fermée aux élèves de profil plus littéraire ?
Dans l’absolu, non. Si l’élève est très motivé et que ses résultats dans les matières scientifiques, malgré tout, ne sont pas trop mauvais, cela ne pose pas de problème. Par contre, il ne faut pas se cacher la vérité : un lycéen issu d’une terminale littéraire devra travailler énormément. En trois mois, il devra rattraper le niveau que les autres ont acquis en deux ans, dans les matières scientifiques.
Quelles sont les qualités que vous attendez de vos futurs élèves ?
Le principal, c’est qu’ils soient motivés. Qu’ils aiment ce métier. Qu’ils soient prêt à y consacrer du temps et de l’énergie.
A contrario, y a-t-il des défauts rédhibitoires, pour intégrer votre formation ?
Des personnes qui n’auraient pas le profil "manager". Nos étudiants ne sont pas là pour apprendre à manier la truelle et le marteau, mais pour apprendre à gérer le matériel et les hommes, en tant que chefs de chantier ou conducteurs de travaux. Il doivent donc être organisés et avoir le sens du contact. En résumé, ils doivent être de bons gestionnaires.
Comment se déroule la formation ?
Il n’y a pas beaucoup de cours magistraux. Les bases théoriques sont données en classe, mais les compétences s’acquièrent surtout via des exercices pratiques et des mises en situation. Par exemple, on prend un dossier d’entreprise et le jeune fait comme s’il était dans un bureau d’étude, durant quatre semaines. C’est le meilleur moyen de se familiariser avec les réalités du terrain et d’être opérationnel à l’issue de la formation.
Les étudiants en BTS bâtiment n’ont donc pas à s’inquiéter pour leur insertion professionnelle…
Dans le secteur, les débouchés sont très importants. La moyenne, à la sortie du BTS, c’est quatre offres d’emploi par personne. Et avec l’arrivée de la génération du baby-boom à l’âge de la retraite, le phénomène va encore s’accentuer.
A la sortie du BTS, peut-on poursuivre ses études si on le souhaite ?
Oui. D’ailleurs, près de 30% de nos étudiants, chaque année, décident de prolonger d’un an leur formation, en s’inscrivant en licence professionnelle. Pour travailler, ça n’est pas indispensable. Mais, pour ceux qui souhaitent intégrer un grand groupe de BTP, c’est recommandé car dans ce type d’entreprise, plus le profil est proche de l’ingénieur, mieux c’est.
Le bâtiment traîne parfois une image négative. Cela entraîne-t-il un manque d’intérêt des jeunes vis-à-vis de votre filière ?
Non, car cette image s’est largement améliorée ces dernières années. Les métiers du bâtiment ont évolué, les formations aussi. Nous n’avons donc pas trop de problème de recrutement : pour un élève, nous avons en moyenne trois candidats.
Avez-vous un conseil particulier à donner aux lycéens qui souhaitent intégrer une formation dans le secteur du bâtiment ?
Je dirais principalement aux jeunes de bien se renseigner, afin d’avoir une vision du secteur qui soit proche de la réalité. Qu’il aille à la rencontre des professionnels, des entreprises et bien entendu, des responsables de formation. Dans notre BTS, nous avons mis en place ce que nous appelons les "mini-stages". Dès le lycée, le jeune peut venir chez nous pour une journée ou deux d’immersion. C’est le meilleur moyen, à mon avis, de faire son choix d’orientation post-bac en connaissance de cause.