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Sebastien Braillard (Licence professionnelle, Hortithèque, Mont Saint-Aignan)

Sébastien Braillard, étudiant en licence professionnelle Expérimentateur du végétal en alternance à Hortithèque, Mont Saint-Aignan (76)

Quels sont les critères qui aident à se décider, au lycée, pour des études supérieures dans la filière agricole ?
Le principal critère, c’est l’intérêt pour la nature : il faut aimer les plantes et de manière plus générale le travail en plein air. Ensuite, il faut mettre dans la balance ses compétences personnelles. L’idéal, pour réaliser des études de nature agricole, est d’avoir un profil scientifique. Et notamment d’être bon en biologie. Dans ma formation, seule une personne était issue d’un bac littéraire. Cela ne l’a pas empêché de réussir mais pour pouvoir se mettre à niveau, elle a du suivre une préformation de six mois... Il faut donc être extrêmement motivé.

Comment s’est fait le déclic, dans votre cas précis ?
Mon cas est un peu particulier. Après ma terminale S, j’ai entamé des études en fac de biologie, pendant deux ans. Mais, l’enseignement ne me plaisait pas : c’était trop théorique, trop éloigné du monde professionnel… J’ai donc fini par abandonner et je me suis inscrit dans un BTS Production horticole, que j’avais découvert par le biais d’une brochure. C’était une formation plus pratique, plus professionnalisante. Cela correspondait mieux à mes attentes. Et puis à l’issue des deux années, comme ces études m’intéressaient, j’ai choisi de faire durer le plaisir et je me suis inscrit en licence professionnelle.

Un bac +3, cela ouvre-t-il beaucoup de portes, comparé à un bac +2 ?
Au niveau des débouchés, pour être franc, la licence n’apporte pas grand chose de plus que le BTS. On peut intégrer des centres d’expérimentations, chose que l’on ne peut pas faire à l’issue d’un bac + 2 ; mais généralement, les emplois auxquels on peut prétendre après une licence sont les mêmes qu’après un BTS. Malgré tout, un bac +3, ça reste un « plus », notamment quand il s’agit de négocier un salaire. En plus, un bac +3, c’est reconnu au niveau européen. Cela permet éventuellement de travailler à l’étranger.

A quoi doivent s’attendre les lycéens qui souhaitent intégrer une formation dans l’agriculture, que ce soit BTS ou en licence professionnelle ?
Le BTS, c’est plutôt dans le prolongement du lycée, à savoir une ambiance conviviale et un encadrement étroit de la part des formateurs, qui nous accompagnent tout au long de la formation. La licence professionnelle, c’est sensiblement plus difficile. On a trois heures de cours par jour, certes, mais ensuite, on doit travailler six heures chez soi. Il faut donc savoir être autonome.

Peut-on se préparer, dès le lycée, pour réussir ses études dans la filière agricole ?
De manière générale, il faut mettre l’accent sur la biologie, qui constitue une matière incontournable dans les études agricoles. Et puis de manière plus spécifique, on peut commencer à lire des revues horticoles ou des magazines ayant trait aux végétaux, pour mieux connaître la filière. En BTS, les lycéens généralistes n’ont généralement pas de problème en ce qui concerne les connaissances théoriques. En revanche, les compétences techniques leur font parfois défaut. Pour réparer ces lacunes, il faut se tenir informé, rencontré des professionnels. Voire, si on en a le temps, faire une préformation.

Si vous deviez donner une bonne raison de faire des études en agriculture, laquelle donneriez-vous ?
Les débouchés, sans hésiter. A l’issue d’une licence professionnelle, ou même d’un BTS, on trouve très facilement du travail.

Et une raison de ne pas suivre ce cursus ?
Je dirais le froid. Notre métier est avant tout un métier de plein air, il ne faut pas l’oublier. Lors de la formation, on est donc souvent sur le terrain, surtout si on suit une formation en alternance. Il faut donc être capable de supporter des températures plutôt fraîches, en hiver : ça peut paraître anecdotique, mais il faut y penser. Ceci dit, quand on a un réel intérêt pour le métier et qu’on a envie de réussir, on s’accommode plus facilement du facteur climatique.

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