Dominique Mondoloni, avocat associé d’un cabinet spécialisé en droit des affaires, membre du conseil de l’ordre des avocats.
Quel conseil donneriez-vous à un étudiant qui se destine à la profession d’avocat ?
Il faut chercher à savoir en quoi consiste ce métier : il faut fréquenter la Cour d’Assise, rencontrer des professionnels, se documenter, essayer de faire des stages dans des cabinets. Il faut savoir que c’est un métier qui peut s’appliquer dans de nombreux domaines, mais au fond on fait tous la même chose : on défend, on représente, on assiste les clients.
Et vous, pourquoi avez-vous choisi ce métier ?
Mon père était ingénieur et il avait un ami avocat. Sa vie me semblait passionnante : il passait ses journées à aider les gens, à défendre, je trouvais que ce qu’il faisait était utile à la société alors que ce que faisait mon père me paraissait d’une inutilité parfaite.
Quelles sont les qualités indispensables pour devenir avocat ?
C’est un métier qui fait appelle à des qualités contradictoires, comme la passion et le pragmatisme. Il faut aussi de la pugnacité et de la rigueur. Et comme il s’agit de trouver des solutions, il faut du bon sens.
Quelle est la formation à entreprendre après le bac ?
Pour être avocat il faut une formation juridique. Il faut donc suivre la filière de droit à l’université jusqu’en maîtrise puis intégrer l’Ecole de Formation du Barreau (EFB).
Y a-t-il qu’une seule voie ?
On peut suivre des études de droit sans avoir son bac par le biais d’une capacité. Il y a aussi la voie proposée par Sciences-Po Paris en Carrières Juridiques. Après les études de droit, il faut intégrer l’école de formation du barreau (EFB). Une formation dispensée en 18 mois. On peut se présenter au concours d’entrée seulement après avoir obtenu une maîtrise de droit ou le diplôme délivré par Sciences-Po Paris. Mais on peut aussi devenir avocat sans passer par cette école en ayant travaillé dans un service juridique pendant au minimum huit ans. Bref, il y a des filières parallèles qui dispensent de passer par l’école, mais elles sont peu nombreuses et généralement assez laborieuses.
Avec le recul, à vos débuts professionnels, vous sentiez-vous bien armé ?
Oui, j’ai le sentiment d’avoir été bien formé sur le plan juridique à l’université, je connaissais bien le droit en commençant à travailler. En revanche, de nombreux aspects du métier ne sont pas enseignés à l’université. La dimension humaine s’apprend sur le terrain : les relations aux clients, aux autres avocats, etc.
L’image que vous vous faisiez de votre métier lorsque vous avez commencé vos études est-elle conforme à la réalité ?
Pas vraiment. Je ne me figurais pas la diversité du métier. C’est une activité très ouverte où on est amené à rencontrer, à défendre des personnes d’univers très différents. Je m’imaginais une profession assez homogène et j’ai très vite été surpris.J’avais aussi une vision très cléricale du métier : j’avais pas idée que c’était un métier où on rencontrait beaucoup de gens. Je ne me rendait pas compte non plus de l’énergie à y dépenser et du temps à y consacrer.
Quelles ont été les déceptions et, au contraire, les bonnes surprises ?
Les bonnes surprises : le sentiment d’utilité lorsqu’on gagne un procès, lorsqu’on arrive à conseiller un client. Les déceptions : toutes les choses ingrates que l’on doit faire avant d’avoir ces satisfactions. Un dossier pénal classique, c’est souvent 3000 à 4000 feuilles à lire, à relire, à comprendre. La paperasserie est très lourde. On y passe beaucoup plus de temps qu’à défendre…
Avez-vous vu un film, lu un livre qui représente bien la réalité de votre métier ?
Non et l’image que donne les séries télévisées est très éloignée de la réalité !